N°15 Mode Maître de cérémonie actived

28/12/2016

Quand on passe le cap de la tristesse, la colère prend le dessus. Et de la colère, c'est un peu Verlaine qui prend le relais.


Décembre 2016,Quelque part dans le Sud de la France,


   15h44, j'sors de la douche, un messsage :
Viens chez moi, y a personne en ce moment.

Bug mental généralisé, un ex qui reviens après m'avoir larguer bout d'une semaine. Il y en a déjà un qui est venu me recauser au début des vacances. C'est louche.J'me sèche les cheveux. Je tente :
16h10,
Vous vous êtes sûrement trompé de contact.

J'espère aucune réponse, j'essaye de me coiffer.
16h18,
Viens. Je ne le répèterai pas.

Je l'appelle, personne répond.
16h19,
Pas besoin de parler autant.

J'ai commencé à pleurer. Être prise pour un trou à foutre, c'est pas cool. J'ai écouté le thème du charleston pour me donner du courage. Me faire écraser par quelqu'un n'est pas dans mes habitudes. J'ai passé l'âge de me faire emmerder par le premier con venu, un au début des vacances ça suffisait. Deux, non. J'allais pas m'écraser, parce qu'il y a des moments où la patience à des limites, souvent marquées par l'irrespect d'ailleurs.
J'appelle une amie, elle me dit " ignore le, sinon il va continuer "
S'avouer vaincue ? Non, pas possible. Reste plus qu'une chose. Laisser tout sortir.
Et ça part. Oh putain con que ça part. C'est pas beau mais ça part.
16h20,
C'est juste.

donc : allez vous faire foutre.

De là, il me dit de venir, me sort que c'est bon, je lui ai prouvé que je me respectais qu'on pouvait avancer. Le gag. Le type me largue au bout d'une semaine parce que je ne veux pas coucher avec lui et reviens pour me proposer de coucher avec lui. Il croit qu'on est toujours ensemble. Mais ça frisse le ridicule et la connerie à plein gaz.
Et là, je deviens pour un moment Maître de cérémonie :
17h35,
Ta dignité je ne la cherche plus. C'est bon. Autant chercher une vierge après un gang-bang
17h49,
T'en as largement assez fait. Ne creuses pas encore, ça suffit. Certes t'as pas le flingue chargé, donc tu creuses. Mais là c'est en-dessous de tous les possibles. Même Pierre Bellemare trouve ça trop dark pour en faire une enquête impossible.

Le jeu se calme. Il n'a plus d'argument, et dit encore des blagues de merdes pour faire l'intérêsant.
Je balance quelques lignes coup-poing. Il ferme sa gueule. Je le provoque pour qu'il m'appelle, il cède.
Je lui alligne punchline sur punchline, il confirme mes dires bêtement "T'as raison". Il est assez faiblit. Puis je lui pose des questions, il se confond en explications et démonstrations qui n'ont ni queue ni tête. J'écoute en me retenant d'exposer de rire. Il m'en a sorti de ces conneries. Entre me dire que c'est de ma faute si il m'avait laguer parce que je mets des murs entres moi et les gens, que je ne suis pas honnête, que je suis un bisounours qui croit à la paix dans la monde, et autres sophismes.

Projections sur autrui ! Quand on ne connait pas quelqu'un bien, c'est assez fréquent mais là, c'était marrant de la part d'un bobo pessemiste et naïf. Le genre a porter les mêmes fringues que les autres qui se disent anti-conformistes. Le pack jean noir large, t-shirt au slogan écolo, baskets pétées et veste noire au col relevé que tous les petits Che culturellement de gauche portent fièrement pour oublier qu'ils sont politiquement de droit.
Bisounours,check. Coupé du monde réel, check.N'est pas honnête au point de rejetter la faute sur moi, check la mauvaise foi selon Sartre. Pense sauver le monde en le critiquant férocement sans rien faire autre chose à son échelle, check Roger !
Je casse tous ses arguments par de simples mots. Il y a un moment où dans cet état second ça tiens du fantastique tellement on peut enchainer des mots qui piquent. Puis j'écoute en me mordant les joues pour ne pas rire. Je recentre la conversation. Il repart dans les débats sans intérêt, oh la branlette intellectuelle et ses dérapages sur l'élévation de l'âme par "Veuillez citer un art majeur" ! J'ai racroché. C'est dure de ne pas éclater de rire dans ces moments là. En relisant les messages de cette conversation je suis restée une dizaine de minutes assise, à me demander pourquoi après autant de temps (1 mois et demi) quelqu'un peut revenir pour voir si il y a pas toujours moyen de récupérer quelqu'un pour se garder la personne sous le coude au cas où. C'est assez peu logique de rejetter quelqu'un pour ensuite l'inviter à revenir.


 L'amour c'est pas fast-food-love. On aime quelqu'un quand on est soit même équilibré mentalement parlant. Quand on aime , c'est qu'on aime tout chez la personne, du dégueulasse : pendant les disputes, les engueulades, les emmerdes, les coups de gueule, au plus beau : parce qu'on l'admire, respecte et déconne avec cette personne. On vis avec en somme. On gagne pas la confiance de quelqu'un en couchant avec, ça ne fait que renforcer physiquement des liens affectifs, ça prend du temps de conquérir un coeur, de découvrir quelqu'un et de le connaître vraiment.

Que les blaireaux et connasses prennent notes : on aime quelqu'un en entier. On fait les choses bien. Et on se respecte soit et on respecte les autres.



Ah, et Joyeux noël-La direction du chat noir-.


La chanson du moment :