N°14 Le Héros

27/11/2014

Novembre 2014, Quelque part dans le Sud de la France,


J'me souviens encore quand on est allé le voir ce spectacle, c'était le 27 novembre, un mardi ou un jeudi je crois.
On avait rencontré le metteur en scène.. Un type très sympa. On a fait des jeux, comme des gosses on s'est éclaté. On jouait comme des enfants et il nous faisait rire aux éclats. Puis il nous a causé de son parcours , de comment il a du être longtemps acteur pour les autres avant aujourd'hui d'être acteur pour lui.
On vu le spectacle dans la petite salle. Personne avait lu le bouquin ou n'avais lu de critique. On était puceau de la pièce. On connaissait juste un peu, rien de plus.
La claque qu'on s'est mangé. On a ri, était énervé puis on a chialé. Ça nous a réveillé les sens et ça nous a motivé à nous défoncer tous les jours pour y arriver et pouvoir dire : t'as vu, j'y suis arrivé. C'est devenu notre référence, en terme de façon de voir le théâtre et de penser nos impro.

Un an plus tard, le 15 ou le 17 décembre. On l'a croisé en allant voir un spectacle. On se demandait si c'était lui. J'y suis allée en éclaireur.  C'était bien lui. Il nous a pas reconnu de suite. On est allé lui causer un peu avant la pièce. Là encore le type très sympa. Il nous a sourit, encouragé à continuer. On était heureux, ça nous a fait chaud au coeur. C'est qu'on était pas bien joyeux tous, noyés dans les cours. Ses simples mots nous ont donné quelque part l'envie de continuer même si c'était pas facile et qu'on galérait même avec l'aide de notre prof.

Ensuite, on a vu sa nouvelle pièce quelques mois plus tard. On l'a rencontré avant d'aller la voir.
Il arrive, clope au bec devant le théâtre, nous snobe et rentre après avoir fumer comme un pompier. On se regarde entre nous, "Bon y devait être pressé.".
Puis on rentre dans la grande salle. Il est sur scène, dansait sur du Renaud en bougeant la tête frénétiquement, en avançant comme un pignon qui marche sur le trottoir en faisant le bonhomme.
Il viens vers nous, pour nous faire la bise. On lui serre la main. Puis il se présente. Nous dit qu'il bosse toujours en musique. On fait des impro où on se regarde dans les yeux entre nous pour se dire "Frère, on s'emmerde.". L'ibris bah c'est pas trop notre Dada. On a mangé du théâtre Grecs époque classique on a eu notre dose létale de tragédie où on gueule et fait les pots de fleur. Encore des impros par petits groupes. Il reste toujours assit sur sa chaise, regarde et va voir les groupes composés de filles. Puis impro en groupe entier, face à face. On se gueule dessus on donne de la voix, on doit pas rire même si le pote d'en face bouge les sourcils pendant qu'on doit affecter d'être des guerriers. On veut faire une pause, il nous dit que c'est pas bien de fumer en mode Pascal le grand frère. On lui fait remarquer que son paquet de tabac est sur la table. On continue, un type m'écrasse le pied. C'était de la torture sur la fin on avait les nerfs qui lâchaient. Il voulait qu'on lise assit à plein poumons le texte de sa pièce. Les quelques courageux du groupe le tentent, il tire un grimace. On était tous pâles avec la fatigue cumulée, puis il se penche vers nous, tent la main

-"ça va ?".

-"Bof."

Oh putain con le réveil le lendemain qu'on l' a sentit passé.

Il accepte de nous faire une pause. Notre prof nous a préparé un goûté.-Ses gâteaux aux chocolats pouvaient changer le monde ou du moins nous redonner le moral - On se gave de gâteau en vouant un culte à notre prof.

La journée finit, il nous cause de son parcours. Nous dit qu'il faut savoir bien s'entourer. Fait parler les plus bavards, part dans des débats sur la réussite. On l'écouter parler, sans rien dire pour la plupart. Attentif quand-même, c'était notre héros qu'on avait sous les yeux. Ses paroles étaient d'or, on les remettaient pas en cause. On était intimidé, puis les bavards partaient dans des monologues fermés. On écoutait que ses conseils.

-"Suivez vos rêves !"

On va voir son spectacle. On s'est pris une claque. Mais on s'y attendait pas. On a ri, on s'est énervé et on a pleuré, normal la machine à fumée nous faisait tousser comme des routiers on avait les yeux brûlés à en chialer. On rigolait de voir le voisin pleurer à cause de la fumée au début. Puis on était énervé. On voyait que dalle et on chialé avec les yeux brûlés par la fumée blanche.

On est sortie. On a assisté à la rencontre avec les acteurs et le metteur en scène et on s'est cassé du théâtre, les yeux pleins de larmes à cause de la foutue fumée. On était dégouté. On attendait de nouveau un spectacle grandiose. On a eu un narnard de fumée blanche. J'me souviens, c'est quand on a arrêté de croire en nos idoles. Ça nous a tué le moral. On croyait en lui. C'était notre modèle. Puis plus rien. Restait que des traces de larmes sèches sur nos joues.


Il faut mieux éviter de sacraliser quelqu'un, ça sert à rien et nos attentes sont trop grandes après. Beaucoup on arrêté de suivre la carrière de notre ancien héros. Pour ma part ça m'a envelé la follie créative que je mettait dans le théâtre et toute la passion que j'y avais mis. Je me suis donnée à fond pour le bac et une fois mon bac en poche j'ai arrêté.

ici je censure beaucoup l'histoire, il y a beaucoup de facteur qui ont joué et qu'ils ne sont pas évident d'écrire. Aussi pas mal de chose qu'il ne faut pas dire. C'est comme les grands auteurs morts d'une façon ridicule : faut pas trop en parler.


La musique sur laquelle il dansait :

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