N°1-La pompier

15/03/2017

Il devait être aux alentours de 19 heures, je devais partir de la fac à 19 heures trente. Je sortais d'un rendez-vous qui ne s'était pas bien passé. Quand elle est sortie de l'amphi les yeux pleins de rage.


Elle m'a dit bonjour, je lui ai rendu son bonjour. C'est assez courant dans la fac le soir que tout le monde se disent bonjour ou bonsoir. Puis elle me demande ce que je fais ici, je lui explique. Elle rigole puis me raconte qu'elle a mal au dos parce qu'elle s'est fait renversé en vélo par un con en ville la semaine derrière. Puis qu'elle en a marre et plein le dos en se moment que tout part en sucette avec son copain et qu'elle ne sait pas si il l'a quitté ou si il ne peut pas la joindre.

Elle m'explique aussi que son copain est dans une situation difficile, mais qu'elle a vu dans son regard de la franchise quand il lui a dit qu'il l'aimait. Le bonhomme est artiste, fait de la musique et peu créer en une dizaine de minutes une chanson avec l'aide extérieure de la drogue douce. Il est accro à ça. Elle me dit qu'il s'est fait enculer la dernière fois qu'il en a acheté, je ne savais pas si elle voulait dire arnaquer sur la marchandise ou bien si il fallait le prendre au sens propre du terme. Elle me dit qu'elle s'en fout, même si elle a épongé certaines de ses dettes, elle l'aime. C'est comme ça que j'ai appris l'existence de prêt arranger par des acteurs qui sont dans le domaine des flux illégaux comme on dit en géographie, dans la ville. Elle m'explique aussi qu'elle n'a plus de nouvelle depuis deux semaines et que son père à lui ne l'a tiens pas au courant et semble lui cacher quelque chose.

Je sais pas trop quoi lui dire. Elle me dit au revoir et part.

Je l'ai revue deux semaines après. Toujours devant le même amphi. Elle sort, me voit me dit bonjour et me fait une blague sur le fait que j'attende l'heure de partir comme un flan. Je lui demande si ça va. Elle rigole, et me dit que ça va pas mieux. Toujours pas de nouvelle, elle a même essayé de voir avec la gendarmerie pour le localiser avec son portable mais ils ont pas été très coopératifs. Elle a la haine et dans son regard c'est l'impuissance et la peine qui se lis. Elle me dit que c'est peut-être un con, ou un salopard si faut, mais que si elle le voit là, bah elle l'embrasserai même si il la repousse après. Elle veut savoir, en avoir le cœur net et ça la bouffe. Je suis en retard, on se dit au revoir.

Je l'apostrophe " Hey ! Don't let you dream be dream ! Nothing is impossible ! JUST DO IT !" en faisant le geste.

Elle se marre :" T'es vraiment une malade.".


Ça m'a fait relativiser dûment mon dernier échec amoureux de voir quelqu'un avec autant de force et de persévérance. Il y a des forces de la nature qu'on se demande comment une personne peut trouver autant de ressource en soi pour ne pas péter un câble. Souvent aussi, les histoires les plus belles ne sont pas celles que nous racontes les comédies romantiques et les romans à l'eau de rose. Elles se jouent sous nos yeux par des acteurs muets qui gardent silence et gardent pour eux ces récits parfois épique qui ferrait passer l'histoire d'Antigone pour celle de Candy au pays de l'arc-en-ciel.